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Manufacture
Horloges Comtoises Franche-Comté

Horloges comtoises

L’horloge de parquet

Un meuble de bois, deux poids de fonte, un balancier qui oscille : l’horloge comtoise a réglé le temps des fermes de Franche-Comté pendant près de deux cent trente ans.

Définition

Un meuble qui donne l’heure

L’horloge comtoise est une horloge de parquet, ou horloge à pendule, fabriquée artisanalement en Franche-Comté, plus particulièrement à Morez et Morbier dans le Haut-Jura, à partir de la fin du XVIIe siècle. Sa fabrication industrielle s’est arrêtée au début du XXe siècle.

On l’appelle aussi « la Morez », « la Morbier » ou « la Comtoise », en français comme en anglais ou en allemand. Ces horloges ont rythmé pendant des générations la vie de presque toutes les fermes de France, et se sont exportées vers d’autres pays d’Europe et au-delà, jusqu’à l’Empire ottoman ou à la Thaïlande.

Leur présence dans les foyers tient à deux choses : la régularité du tic-tac, et la silhouette imposante du meuble qui l’abrite. Le mécanisme, en métal, est en effet le plus souvent protégé par une gaine de bois, que l’on peut poser au mur comme une console.

Anatomie

Quatre pièces, quatre métiers

Une horloge comtoise est rare : son mouvement, son cadran, sa gaine et sa sonnerie ont été fabriqués par des ateliers différents, rarement par la même personne.

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La cage de fer

Deux mécanismes côte à côte : l’un pour la marche, l’autre pour la sonnerie. Ils sont logés dans une cage en fer démontable, montée entre deux plats verticaux qui portent les pivots. C’est cette carcasse, et non la gaine, qui constitue l’horloge au sens strict : on la sort de son boîtier pour la réparer.

02

Le balancier

C’est un pendule, et c’est lui qui règle la marche. Un fil d’acier le suspend ; à son extrémité pend une lune en laiton, ou un poids en plomb dans les modèles les plus anciens. Plus le balancier est long, plus il bat lentement, plus la marche est stable.

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Les poids

L’entraînement se fait par deux poids cylindriques en fonte, suspendus à des chaînes. Ils descendent lentement au long de la cage et doivent être remontés à la main, une fois par jour : c’est le rituel domestique de l’horloge de parquet.

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La gaine

L’enceinte de bois qui abrite la cage. Chêne, noyer, merisier ou fruitier selon les régions et les époques. C’est un meuble d’ébénisterie à part entière, dont le fronton, les colonnes et la corniche ont suivi la mode au rythme des règimes successifs.

Balancier en laiton et poids de fonte vus derrière la vitre d'une horloge comtoise

Balancier, poids de fonte et échappement : les trois organes que l’on distingue derrière la vitre d’une horloge de parquet bien conservée.

Le mouvement

Deux horloges en une

La dissociation entre le mouvement de marche et le mouvement de sonnerie est la caractéristique même de la comtoise. Le premier compte les heures ; le second frappe les heures et les demi-heures sur une timbre, à la demande d’un marteau actionné par un mécanisme à limaille et à rack.

Cette organisation, qui autorise des complications impossibles en montre de poignet, explique la richesse des cadrans de comtoise : plusieurs timbres, indication de date, phases de la lune, et plus exceptionnellement mécanismes d’animation ou carillons.

Le détail de la cage et du balancier

Chronologie

De 1680 à la fin de la production

  1. Vers 1680

    Les premières horloges comtoises apparaissent, très probablement dans la région de Morez. Le cadran est en métal — laiton, plus rarement étain —, le plus souvent à une seule aiguille. Le pendule est un simple fil métallique muni d’un poids en plomb, placé derrière les poids.

  2. XVIIIe siècle

    Une nouvelle génération apparaît, au cadran de bronze et à la numérotation à la romaine. À cette époque, chaque artisan horloger travaille seul, réalise lui-même la quasi-totalité des pièces et ne produit que quelques dizaines d’horloges par an. Chacune est pratiquement unique.

  3. 1789 — 1815

    La décoration de la gaine et du cadran suit la période politique : les Bourbons, la Révolution française, l’Empire. Les frontons se font plus somptueux, les colonnes et les motifs floraux se multiplient.

  4. XIXe siècle

    La production s’industrialise, la fabrication se concentre dans le Haut-Jura, et la comtoise se diffuse dans toute la France comme objet de mariage : solide, précis, d’un prix relativement accessible.

  5. Début du XXe siècle

    La fabrication industrielle des horloges comtoises s’arrête. Le mouvement passe alors de la production artisanale à la restauration et à la conservation d’un patrimoine désormais constitué d’objets anciens.