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Manufacture
Horloges Comtoises Franche-Comté

Savoir-faire & patrimoine

Les gestes

Une montre de deux cents pièces demande deux cents gestes différents. Certains ne prennent pas une minute ; d’autres demandent toute une vie.

La chaîne

De la matière brute au mouvement fini

La manufacture Vuillemin travaille la matière brute pour réaliser un produit fini : c’est une manière de faire qui résume l’exigence de la filière. Dans une manufacture comtoise, la matière entre à l’atelier sous forme de lingot ou de plaque, et n’en sort qu’au terme d’une centaine d’étapes, dont beaucoup sont manuelles.

La division du travail est extrême : chaque atelier est spécialisé dans un organe. Le métier de la fabrication de ressorts n’est pas celui de l’ajustage ; celui qui taille les balanciers ignore tout de la sonnerie. C’est ce qui permet à des entreprises de quelques personnes de produire des pièces d’une qualité constante, et c’est aussi ce qui rend le bassin vulnérable : une seule génération d’ateliers suffit à faire disparaître une spécialité.

Les gestes

Huit métiers, huit façons de faire

Tôler

Former la tôle de laiton ou d’acier en plaque d’un millimètre d’épaisseur, pour les plats et les ponts du mouvement.

Tailler

Découper les roues dentées. Une dent de trop ou de moins suffit à faire grincer le mouvement.

Polir

Frotter une pièce d’acier sur un composé abrasive pour lui donner son poli, et sa résistance à l’usure.

Ajustement

Placer les pivots dans leurs trous avec un jeu de l’ordre du centième de millimètre. C’est là que se joue la qualité d’un mouvement.

Ébraser

Donner au pivot sa forme conique et sa bague d’huile : sans huile, pas de lubrification, pas de durée de vie.

Graver

Décorer un pont, une platine, une ancre. Le burin attaque le laiton à la main, au rythme d’un mouvement d’avant-bras.

Dorer

Déposer une couche d’or sur les pièces visibles pour les protéger de l’oxydation et leur donner leur éclat.

Casser

Remplir le réservoir d’huile,adapter la came, régler la longueur du balancier et l’amplitude. Le geste final, celui qui transforme une pièce en montre.

Gravure d'un pignon de laiton à l'étau, copeaux de laiton sur l'établi

Gravure à l’étau : les copeaux de laiton s’enroulent autour des dents de la pièce.

La transmission

Ce qui ne se transmet pas par écrit

Un plan d’atelier décrit l’outil et la cote. Il ne dit pas avec quel poids tenir le burin, ni à quel rythme respirer pour que la main ne tremble pas au quatrième centième de tour. Ces informations-là circulent de main en main, et disparaissent avec la main.

C’est pourquoi la transmission n’est pas une question de cours mais une question d’organisation : l’apprentissage en atelier, le compagnonnage, l’alternance en formation, les places dans les écoles professionnelles. Les labels publics — l’UNESCO pour les pratiques, l’Entreprise du Patrimoine Vivant pour les entreprises — ont précisément pour objet de donner à ces gestes un cadre dans lequel ils peuvent continuer.

Labels & patrimoine

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Ce que la région a obtenu

Deux reconnaissances publiques protègent aujourd’hui ces gestes : l’UNESCO pour les pratiques, l’EPV pour les entreprises.