Microtechnique
Toutes les techniques de fabrication ou de réparation d’objets à l’échelle sub-millimétrique : du micromètre au millimètre.
Le territoire — Arc jurassien
Entre la France et la Suisse, une chaîne de montagnes plissées qui concentre les ateliers, les écoles et les entreprises de la microtechnique. Le plus vieux bassin industriel du continent.
Le territoire
Le massif du Jura est une chaîne de montagnes d’Europe occidentale, principalement le long de la frontière entre la France et la Suisse, au nord-ouest des Alpes. Il est constitué de hauts plateaux, de chaînons, de plis resserrés et de cluses, et dessine un croissant de plus de trois cent soixante kilomètres entre Dielsdorf et Voreppe.
C’est cette géographie qui explique l’activité. Les vallées, à l’abri et accessibles, ont abrité des échanges de savoir-faire que la politique n’a jamais réussi à tout à fait interrompre : un atelier de Morez travaille pour Morteau, une manufacture de Morteau travaille pour La Chaux-de-Fonds. L’Arc jurassien est aujourd’hui un écosystème reconnu, et l’un des plus denses au monde en matière de microtechnique.
Le clocher horlogé d’un village du Haut-Doubs : l’horloge publique avant l’horloge privée.
La chaîne
Le Haut-Doubs concentre aujourd’hui les entreprises qui fournissent l’ensemble de l’horlogerie mondiale : pivots, axes, échappements, ressorts, aiguilles, cadrans, boîtes, balances, machines. Le plus souvent, ces entreprises sont petites, parfois familiales, et travaillent pour d’autres.
C’est la forme la plus discrète et la plus efficace du travail à façon. Une commune comme Les Fontenelles, siège du Parc naturel régional du Doubs Horloger, compte 558 habitants et compte parmi ses entreprises plusieurs des premiers fournisseurs mondiaux de composants d’horlogerie.
Le terrain de la formation
Toutes les techniques de fabrication ou de réparation d’objets à l’échelle sub-millimétrique : du micromètre au millimètre.
Instruments de mesure, balances de précision, comparateurs, machines à mesurer : la mesure est la matrice de toute la filière.
L’ENSMM à Besançon, la HE-Arc, l’EPFL à Lausanne : des formations d’ingénieurs adossées aux ateliers du bassin.
Apprentissage en atelier, compagnonnage, transmission familiale : le savoir-faire circule plus vite que les entreprises.
La reconnaissance
En 2015, la France et la Suisse ont inscrit ensemble au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO le « savoir-faire en mécanique horlogère et mécanique d’art ». L’inscription porte sur des pratiques, pas sur des bâtiments ni sur des marques : on y protège la manière de faire, et la manière de la transmettre.
C’est cette logique transfrontalière qui fait la force du bassin : le patrimoine horloger de l’Arc jurassien n’est pas français ou suisse, il est commun. Les ateliers de la vallée de Morteau et ceux de la Chaux-de-Fonds travaillent dans le même système d’échanges depuis deux siècles.
L’atelier, lieu de transmission : le geste se passe là, pas dans un manuel.