Montres — Montres de poignet
Cinq maisons, cinq trajectoires
LIP, Yema, Pequignet, Utinam, SMB : cinq façons très différentes de faire gravir le temps à la comtoise, de la montre de ville popularisée à la manufacture de haut de gamme.
Le panorama
Cinq maisons franc-comtoises
| Maison | Origine | Nature | Point marquant |
|---|---|---|---|
| Pequignet | Morteau | Manufacture de haute horlogerie | Calibre Royal, calibre Initial |
| LIP | Besançon | Marque patrimoniale de grand public | Collections Churchill, Himalaya, Dauphine |
| Yema | Besançon | Horlogerie de sport et de plongée | Modèle Superman, Spationaute, Spacegraf |
| Utinam | Besançon | Horlogerie et art mécanique contemporain | Œuvres d’art mécanique, Time Capsule |
| SMB | Besançon | Assemblage de montres de France | Premier assembleur de montres de France |
Pequignet
Morteau, 1973 : la manufacture qui a voulu son calibre
Émile Pequignet fonde la marque à Morteau en 1973. La maison produit d’abord des montres pour femmes, dotées de mouvements achetés sur étagère, et reçoit cinq fois le prix du cadran d’or pour l’esthétique de ses montres. En 1984, il invente la Maille Moorea, un grain d’acier articulé qui se clippe au bracelet : ce lien devient l’identification visuelle de la marque.
Reprise en 2004 par Didier Leibundgut, la maison s’oriente vers la création de calibres propres. Le Calibre Royal, présenté à Baselworld en 2010, est un mouvement automatique entièrement conçu, contrôlé et assemblé à Morteau. En configuration Grande Date et Jour avec indicateur de réserve de marche, il compte 298 pièces — 318 avec indicateur de phases de la Lune — pour 5,88 mm d’épaisseur et 88 heures de réserve de marche, avec un saut de date instantané à minuit pile.
En 2020, la maison annonce le calibre Initial : un trois aiguilles-date plus simple, avec 65 heures de réserve de marche, pensé dès l’origine pour accueillir un module chronographe et pour équiper d’autres marques françaises. C’est aujourd’hui l’une des entreprises qui démontre qu’une manufacture comtoise peut concevoir, et pas seulement monter.
L’atelier : la montre se fait à la pince, sous la lampe.
LIP
La montre que tout le monde a portée
LIP est sans doute la marque horlogère comtoise la plus connue du grand public. Ses collections— Churchill, Himalaya, Dauphine, Nautic, Ski, Rallye, Mach 2000, Minilip— ont accompagné plusieurs générations, de la montre de ville à la montre de sport, sous le nom d’une collection ou d’un modèle emblématique.
La maison a réinvesti ces dernières années le terrain du mouvement mécanique avec des calibres exclusifs, comme le mouvement automatique LIP R26, qui a donné naissance à la Type 14 : un boîtier inspiré des montres embarquées dans les cockpits des avions de chasse français des années 1940. Le slogan de la maison résume la démarche— « LIP dessine le temps ».
Où se placent ces montres
Repères de prix
Les montres de Franche-Comté occupent aujourd’hui une position singulière : plus chères que la montre de mode, plus accessibles que la haute horlogerie. Pour situer l’ensemble du marché du luxe horloger— les prix d’entrée des maisons généralistes, l’entrée dans les grandes manufactures, et le seuil de la haute horlogerie indépendante— le dossier de référence prix des montres de luxe donne les ordres de grandeur utiles, maison par maison, ainsi que les écarts entre prix de boutique et prix de l’occasion.
Il faut y lire deux choses. D’abord, l’écart considerable qui sépare le ticket d’entrée d’une maison généraliste de celui d’une manufacture de haute horlogerie : c’est exactement l’intervalle dans lequel se situent les marques comtoises lorsqu’elles concernent le segment accessible de la montre mécanique. Ensuite, l’importance de l’occasion : une montre de vingt ans, patinée et bien entretenue, se négocie très en dessous de son prix neuf, et c’est souvent là que se trouve le meilleur rapport entre le prix et la qualité mécanique.
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La montre qui se joue
Plongée, espace, course : ce que la montre comtoise a fait du sport mécanique.