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Manufacture
Horloges Comtoises Franche-Comté

Montres — Sport & plongée

La montre qui se joue

Une montre de sport n’est pas une montre qui compte le temps : c’est une montre qui doit survivre à ce qu’on lui fait. De la plongée à l’espace, la comtoise a fait du sport avant que le mot n’existe.

Yema

Le sport comme terrain d’épreuve

Yema est créée en 1948 par Henry Louis Belmont— de son vrai nom Henri Blum— à Besançon. Dès 1953, la maison figure parmi les premières à proposer des montres pouvant être utilisées en plongée et descendre à 200 mètres. Dix ans plus tard, un autre modèle permet de descendre jusqu’à 300 mètres en restant étanche. En 1958, la maison obtient un Oscar de l’exportation.

Le modèle Superman, devenu plus tard un élément central du catalogue, a donné à la marque une identité reconnaissable : une lunette massive, une couronne vissée, une étanchéité affichée. En janvier 2025, Yema annonce un repositionnement avec l’arrêt de production de ses calibres 2000 et 3000, pour se focaliser sur ses propres mouvements de manufacture.

Montre de plongée mécanique à la lunette bakélite, posée sur uneCombinaison de plongée

Lunette bakélite, glace acrylique rayée, corrosion assumée : la montre de plongée qui a servi.

L’espace

Deux montres dans l’espace

En 1982, la Spationaute I est portée par Jean-Loup Chrétien : la première montre française portée dans l’espace, conçue pour l’occasion. En 1985, Patrick Baudry signe le premier vol orbital franco-américain avec une Spationaute 2 au poignet ; la mission à bord de la navette Discovery totalise cent soixante-neuf heures dans l’espace. En 1986, un modèle North Pole est conçu pour l’explorateur Jean-Louis Etienne.

L’aventure spatiale se prolonge en 2017, lorsque la maison présente un modèle spécialement conçu pour le vol du dixième astronaute français, Thomas Pesquet, en partenariat avec le CNES : la Spacegraf. Un demi-siècle après la première plongée, la montre de sport comtoise trouve un second terrain : l’extrême.

La contrainte

Ce qu’exige une montre de sport

Étanchéité

Joint, couronne vissée, fond vissé : la montre de plongée est la seule où l’étanchéité est un argument de sécurité, pas de confort.

Lisibilité

Aiguilles contrastées, index lumineux, chiffres parfaitement lisibles : la montre de plongée se lit d’un coup d’œil, en une seconde, dans l’eau et dans la pénombre.

Résistance aux chocs

Le mouvement doit survivre aux heurts, à la pression et à l’eau salée. D’où le retour des mouvements mécaniques dans le sport : plus faciles à réparer, et plus beaux à regarder.

Masse

Une montre de plongée de 200 mètres est nécessairement épaisse. Cette épaisseur, longtemps critiquée, est aujourd’hui l’un des critères de la montre de sport moderne.

Aujourd’hui

L’héritage, plutôt que la course

La montre de sport comtoise d’aujourd’hui n’est plus une montre de chronomètre de plongée. C’est une montre d’héritage : on y retrouve la lunette bakélite, la couronne vissée, le boîtier mat, mat. Beaucoup de ces montres sont aujourd’hui moins un outil qu’un souvenir de l’usage qu’on en a fait, avec les rayures qui le disent.

C’est là que la montre de sport rejoint le reste du site : elle n’est plus une mesure du temps, mais un objet qui garde la trace du temps passé.

Horloge cinétique contemporaine : rouages ajourés en laiton sur une plaque noire

Rouages ajourés, aiguille unique, contrepoids mobile : l’autre voie, celle de la mécanique d’art.

Suite

Quand la montre cesse de mesurer

Utinam et la mécanique d’art : à Besançon, on fabrique des objets qui donnent le temps sans le compter.